Le bonheur, est-ce renoncer à ses désirs ?

Dissertation entièrement rédigée en trois parties :
I. Volupté des désirs et impossibilité du bonheur,
II. Au contraire réfréner ses désirs semble également être une impasse,
III. Quelle modération des désirs pour mener alors au bonheur ?
Contient beaucoup de références et citations à réutiliser.

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: safiak (élève)

Que nous conseille l'opinion quant à la conduite à tenir vis-à-vis du désir ? Aujourd’hui, tout le monde flatte la recherche du plaisir. Nous sommes largement encouragés de donner satisfaction à tous nos désirs. "Vivre ses désirs" est dans le monde actuel une formule publicitaire assez banale. Nos mœurs n'ont pas une forme répressive, ils seraient plutôt très largement laxistes. Nous partageons d'emblée l’opinion selon laquelle le bonheur, c’est la satisfaction de tous les désirs. Cette libération a apporté l'idée qu'il ne fallait surtout pas réprimer, qu'il fallait même exprimer le désir, exprimer ses désirs et se borner à les suivre. Celui qui voudrait réprimer ses désirs serait vu dans notre monde comme une sorte d'exception étrange à une règle commune qui enseigne le contraire. Nous pouvons donc nous étonner de mettre en association le bonheur avec le renoncement de ses envies. En effet, le bonheur c'est au moins la satisfaction de notre nature et notre essence n'est-ce pas le désir? Comment parler sérieusement de renoncer à nous-mêmes?
 
Pourtant, de loin en loin, nous faisons aussi l’expérience de ce que la multiplication des désirs engendre aussi l’insatisfaction, le dégoût et l’ennui. "Plus le désir avance, plus la possession véritable s’éloigne". Fatigué de désirer en restant mécontents, nous serions presque en désespoir de cause tentés de dire tel que Proust que : "si le bonheur ou du moins l’absence de souffrance peut-être trouvé, ce n’est pas dans la satisfaction, mais dans la réduction, l’extinction progressive finale du désir qu’il faut chercher". L’ascétisme serait alors la véritable morale du désir. La question est donc : le bonheur est-il dans la réalisation ou dans la suppression des désirs ?

I. Volupté des désirs et impossibilité du bonheur

Le premier pas serait de se demander d’abord ce qu’est le bonheur et si la satisfaction des désirs a un rapport réel avec le bonheur. Nous ne pouvons pas nous lancer dans une analyse de la maîtrise du désir sans préciser en quoi le désir peut-être une composante du bonheur. Mais supposons que nous ne nous posions même pas la question de savoir ce qu’il en est du bonheur. Comment verrons-nous l'issue de nos désirs? Nous en resterons à ce que l’opinion admet : pour la plupart d’entre nous le bonheur est la même chose que la satisfaction des désirs ; c’est l’état béat de contentement de celui qui a enfin pu obtenir ce qu’il cherchait, l’objet de ses désirs. L'homme heureux est cel

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